Avec cette
multitude de sous-espèces, les populations nord-américaines de loups montrent de
remarquables différences de teintes. Le pelage des loups comprend donc une gamme
impressionnante de couleurs allant du blanc presque pur au noir jais. Entre ces
extrêmes, on trouvera du brun, crème, noir orangé, gris, sans pour autant que
ces teintes soient uniformes. C’est une tâche difficile que d’établir un
portrait type des teintes de l’animal, car une même portée peut être composée
d’individus gris et d’autres noirs.
Les loups
changent de pelage annuellement, la mue étant toutefois échelonnée sur une
longue période qui débute chaque printemps. Le pelage d’été, qui comporte un
poil court, se développera graduellement et deviendra une belle fourrure soyeuse
en hiver. Les jeunes sont généralement de couleur foncée à la naissance, sauf
dans l’Arctique où le blanc est la couleur des parents dominants; les jeunes
naîtront donc avec un pelage bleu pâle. Le louveteau voit son pelage devenir
rugueux pendant le développement de ses dents; il connaît une période de
transition lors du premier hiver et changera complètement de pelage lorsqu’il
aura atteint l’âge d’un an.
Tous les
animaux de l’ordre des carnivores possèdent une dentition remarquable, et ce
qu’il y a de particulièrement impressionnant chez le loup est sa mâchoire très
puissante. À l’instar des chiens, la mâchoire du loup est armée de 42 dents.
Comme chez les humains, on y retrouve les incisives, les canines, les
prémolaires et les molaires. Les incisives, plutôt petites, servent en quelques
sorte à nettoyer les os. Les canines sont longues, pointues et très fortes;
elles sont principalement employées pour saisir les proies. Les loups les
utilisent comme des serres, car elles peuvent s’accrocher à une épaisse toison
et y rester bien en place malgré tous les efforts de la victime pour s’en
libérer. Elles serviront aussi à déchiqueter la nourriture. Les énormes molaires
du fond de la gueule, appelées aussi carnassières, sont utilisées pour broyer
les aliments. On estime que la mâchoire d’un loup peut exercer une pression de
plus de 15kg/cm2 (un peu plus de 200 lb/po2)
Chez les
canidés, le loup se distingue aussi par sa taille; il vient au premier rang de
la famille. De la pointe du museau au bout de la queue, la longueur d’un mâle
varie, en moyenne, de 1,4 à 1,6 m. Les femelles sont un petit peu plus courtes,
soit de 1,4 à l,5m. Quant au poids, un mâle adulte pèse en moyenne de 30 à 40 kg
et une femelle de 25 à 35 kg.
Tout semble
indiquer que les loups s’accouplent pour la vie, sauf quand l’un des deux
partenaires disparaît. Ils atteignent la maturité sexuelle vers l’âge de deux
ans. Seul le couple alpha (mâle et femelle dominants) peuvent s’accoupler. La
période de gestation dure entre 60 et 63 jours, et la louve donnera naissance à
une portée de cinq ou six petits vers le début du mois de mai.
Les louves
utilisent des tanières pour donner naissance à leurs louveteaux et les élever,
et celles-ci sont généralement situées près d’un sentier emprunté fréquemment
par les loups. Ces animaux se servent d’endroits très variés pour ériger le
domicile familial, comme un amoncellement de roches, une butte de sable, un
ancien terrier de renards qu’ils agrandiront, etc. Ces lieux très diversifiés
doivent toutefois avoir deux points en commun pour que les loups puissent s’y
intéresser : un cours d’eau à proximité et un site élevé.
À leur
naissance, les louveteaux ne sont guère plus gros qu’un écureuil et peuvent à
peine se tortiller. Ils mesurent seulement de 25 à 33 cm de longueur et leur
poids est d’environ 450 g. Leurs yeux ne s’ouvriront généralement que de 10 à 15
jours après leur naissance. Vers l’âge de trois semaines, ils sont déjà sur
leurs pattes et commencent à grogner puis à manger la viande prédigérée et
régurgitée par les membres de la meute.
Les loups pourront changer de tanière quelques fois au cours des premiers mois
suivant la naissance des louveteaux. Ils déménagement pour des raisons de
sécurité, s’ils sont dérangés trop souvent, ou encore pour des raisons
sanitaires. La louve transporte les petits un à un et les amène vers une tanière
secondaire. Vers l’âge d’un mois et demi, les louveteaux pourront voyager avec
la meute sur de courtes distances. Ils commencent alors à regarder plus
attentivement ce qui se passe autour d’eux et à graduellement adopter les
comportements des adultes. Quelques semaines plus tard, vers l’âge de deux mois,
ils ont atteint un poids respectable de 7 à 9 kg. Leurs dents sont bien
développés et ils peuvent commencer à mordre dans la chair et les os de proies.
Après des millions d’années d’évolution et d’adaptation, le loup
est devenu un carnivore de premier plan, très efficace, avec des comportements
adaptés à son mode de vie et à son régime alimentaire. Toutefois, on a remarqué
qu’il ne dédaigne pas les petits fruits et autres plantes à l’occasion. Des
chercheurs ont même trouvé des louveteaux avec l’estomac bourré de petits
fruits. Cependant, comme l’orignal ou le chevreuil ne pourrait subsister sur un
régime exclusif de viande, le loup ne peut survivre avec des branches,
des fruits ou des herbes.