LES INDIENS BLANCS
Ils ont exploré l'Amérique, du
Saint-Laurent au Mississipi, du Missouri au rio Grande, des côtes de
l'atlantique aux rocheuses, et bien au-delà. Ils ont appris de leurs maîtres
hurons, iroquois, algonquins, sioux, cheyennes, et comanches comment survivre
dans la forêt infinie et comment traverser les eaux tumultueuses. Ces blancs
pour la plupart français aussi appelés coureurs des bois ont délaissé leur
culture européenne pour adopter le mode de vie des peuples amérindiens. A leur
côtés , ils ont partagé les derniers moments d'une Amérique d'abondance st de
liberté qui fait encore rêver.
CANDIDAT A L'EMBARQUEMENT
Malgré les danger et les
récits d'horreurs, de jeunes hommes sans fortunes partaient pour le nouveau
monde
Ils n'étaient
pas encore partis qu'ils se sentaient déjà étrangers dans un monde étrange
qu'ils connaissaient mal et qui semblait les ignorer. Plusieurs d'entre eux
s'étaient rendu tout seul à Saint-Malo, à Saint Nazaire, à la Rochelle ou à
Honfleur, où ils attendaient le jour du grand départ. Leur jeunesse mise à part,
ils semblaient avoir peu de choses en commun. La pauvreté, peut être, qui se
voyait beaucoup d'entre eux à leur maigre bagage. Mais il y avait autre chose,
dans leurs regards, dans leurs gestes, il y avait un élan ,de la détermination
de l'audace. Ils avaient tous, ça se voyait, le gout de l'aventure. Et un projet
pour chancher de vie.
Même si la France est un pays
de ruraux à 85% beaucoup de ces jeunes émigrants provenaient des villes, des
villes portuaires du littoral, il va sans dire, mais aussi de Poitiers, Amiens,
le Mans, même de Paris, la plus grande ville de l'occident qui comptait alors
près d'un demi-million d'habitants.
( Avant leur départ pour
le nouveau monde, les engagés recevaient une avance représentant 6 mois de
salaire, cet argent permettait aux plus démunis de troquer leur habits de toile
et leurs sabots pour des vêtements de laine et des souliers de cuir plus adaptés
au climat canadien )
UN MONDE DE LIBERTE
Dans une grande partie du
nouveau monde, aucune loi, aucun prêtre, ni capitaine, ni même le plus grand
chef ne pouvait obliger qui que ce soit à faire quoi que ce soit. Il n'y avait
pas d'appareil policier, sauf dans certaines sociétés de la Prairie, pas
d'institution juridique, des tabous mais pas d'interdits, chacun, homme ou
femme, jeune ou vieux, forgeait librement son destin, sauf si, par le sort des
armes, il était fait esclave. Ce monde sauvage et farouche impitoyable avec ses
ennemis, accueillait généreusement l'étranger, et le traitait comme l'un des
siens.

LE PAYS DE L'ABONDANCE

.jpg)
D'abord la forêt. Partout,
opulente et souveraine, fermant hermétiquement le continent de tous côtés, à
croire qu'il n'y avait qu'elle d'un océan à l'autre, couvrant et écrasant toutes
les terres de sa masse impénétrable. Le long des paisibles cours d'eau de la
péninsule de la Floride où paissaient des lamantins, la mangrove étendait ses
inextricables enchevêtrements de palétuviers et de mangliers devant les grandes
palmeraies et les marécages où grouillaient les alligators. Plus au nord, de
lourdes forêts de conifères et de feuillus s'avançaient partout jusqu'a la mer,
souvent en vaste colonies très homogènes, érablières, chênaies,, cédrières,
pinèdes, mélanges d'ormes, de hêtres, de frênes et de mélèze, de pruches et de
bouleaux, bois franc et bois mous, forêts confuses, opaques, formidablement
désordonnées, toutes remplies d'animaux sauvages, de richesses , de mystères et
de dangers, un foisonnement d'abondance qui, pendant des siècles , a émerveillé
et médusé les européens.
LE CONTINENT AU 300 NATIONS
Lorsque les blancs y sont
rentrés, l'Amérique était peuplée plus que l'Europe. Plus de 75 millions voire
celons certains auteurs, jusqu'à 100 millions d'Amérindiens occupaient ce vaste
continent , d'un océan à l'autre, de la mer de Beaufort à la terre de feu. La
très grande majorité vivaient au sud du Rio Grande. En Amérique du nord, on n'a
jamais édifié de grand empires comme chez les Aztèques, les Mayas ou les Incas,
mais il y avait du monde partout, dans les marécages et les sierras, au creux
des fraiches vallées couvertes de feuillus, dans les plaines nues, sur les hauts
plateaux et sur les flancs des montagnes les plus abruptes, sur les bords des
lacs et des fleuves, sur toutes les côtes, et jusqu'au fin fond même des désert
chauds et froids. Partout, la nature dominait et commandait le mode de vie elle
fixait les vraies frontières, elle forgeait l'âme et la culture de chaque
peuple, de chaque individu, et qui changeait d'environnement changeait forcément
de culture. La plupart des tribus accueillaient, par mariage, esclavage ou
adoption, des étrangers aux mœurs et à l'idiome parfois éloignés des leurs.
Ainsi beaucoup d'hommes et de femmes parlaient ou comprenaient couramment deux
ou trois langues
L'ANIMAL MONNAIE

Sans le castor, animal
abondant sur le continent et source de richesse, les Français ne se seraient pas
établis aussitôt dans la vallée du Saint Laurent.
LA CHASSE A TRAPPE A L'INDIENNE
C'est par leur connaissance
intime du milieu, de ses ressources, de sa flores et de sa faunes, plus que par
leur technologie, que les Amérindiens ont réussi à survivre. leurs armes de
chasses étaient simples et rudimentaires: gourdins, arcs et flèches, lances ou
harpons à pointe d'os ou de bois , parfois de silex, ou de cuivre, plus rarement
de fer. En revanche le chasseur indien avait développé un sens de l'observation
qui stupéfiait les européens. Armé de patience, il pouvait tenir l' affut
pendant des heures et des jours, on chassait tout les animaux gros et petits, en
toutes saisons. En faite l'Amérindien était toujours en chasse.

LES VOITURES D'EAU


Le canot adapté au milieu, a
permis d'explorer l'immensité du Nouveau et dans exploiter la richesse. Le canot
rendit possible l'établissement d'un réseau fluviales qui reliaient entre elles
de nombreuses régions du continent.Sans le canot d'écorce de bouleau, jamais les
Français n'aurait réussi à pénétrer aussi profondément et aussi rapidement au
coeur du continent américain, jamais ils n'auraient pu prendre contact avec tant
de peuples, puis organiser et contrôler le très lucratif commerce des fourrures.
LES MOURANTS QUI MARCHE
DEBOUT
Les Amérindiens considéraient
que les prisonniers de guerre appartenaient de droit, corps et âme au vainqueur
et qu'ils faisaient à ce titre partie de la tribu. Ils étaient sa propriété, son
bien. Certains, les Illinois par exemple, insatiables ravisseurs, les vendaient
comme esclaves. D'autres entretenaient avec leurs prisonniers des rapports
complexes et ambigus, très intimes. Ils en exécutaient parfois quelques uns,
après les avoir longuement torturés, les autres étaient adoptés et appelés à
remplacer un mari, un frère, un fils disparu ou à remplir diverses fonctions au
sein de la tribu. On adoptait des jeunes de préférence, des enfants, des filles
surtout, réputées plus faciles à assimiler et aptes à accroître le capital de
fertilité. Mais chez les peuples guerriers, comme chez les Iroquois, on était
souvent en manque d'homme, de maris, de géniteurs et de guerriers. On faisait
alors la guerre pour se procurer de jeunes hommes. Mais avant d'être membre à
part entière de la tribu, les prisonniers devaient traverser de dures épreuves.
Tous étaient, comme on dit si joliment chez les Iroquois " caressés", c'est à
dire torturés. Tant et aussi longtemps qu'on n'était pas fixé sur leur sort, on
les appelait" les mourant qui marche debout".
L'EPOUSE IROQUOISE
Beaucoup de peuples
Amérindiens étaient des sociétés matriarcales. Chez les Iroquoises, par exemple
le rôle des femmes était tout aussi important et valorisé, sinon plus que celui
des chasseurs et des guerriers. L'adoption d'un prisonnier de guerre, quelle que
fût son origine , était d'une certaine manière un enfantement. C'était donc aux
femmes, mères de clan, que les guerriers Iroquois rentrant de leur raids
confiaient leurs captifs, souvent après les avoir torturés. Elles avaient alors
sur eux un droit de vie et de mort absolu. Elles seules étaient capables , si
elles les en jugeaient dignes, de leur faire une place au sein de la tribu.
LES HIVERNANTS
L'automne venu certains
restaient dans les pays d'en haut et s'aventuraient loin dans l'arrière-pays ,
vivant comme des Indiens, dans un monde encore mal connu. Le tiers des voyageurs
finissaient par abandonner le vieux pays pendant quelques années pour mener la
vie des hommes du nord.
LES TRAPPEURS

Ces hommes n'entretenaient
plus avec le monde blanc que des rapport épisodiques, de plus en plus ténus,
comme s'ils n'avaient plus d'attaches avec leur ancien univers.
je vous conseille de lire ou de voir le dernier trappeur excellent film avec
Nicholas Vanier
lesindiensblancs1.htm