DANSE AVEC LES LOUPS LE FILM

 

Héros de la guerre de Sécession, le lieutenant de l'armée nordiste John Dunbar, demande à être muté dans un avant-poste de la "frontière" pour connaître le fameux Ouest sauvage. C'est ainsi qu'il se retrouve dans une cabane isolée. En attendant les renforts, il passe ses journées à prospecter la région, à écrire son journal et à tenter d'apprivoiser un loup. En ramenant une femme blanche blessée, Christine, rebaptisée Dressée avec le poing, il se lie avec les Sioux. Au fil des jours, Dunbar apprend à connaître et apprécier le vieux chef Dix Ours, le jeune et impulsif Cheveux au Vent et le sage Oiseau Bondissant. Il s'attache aussi à Christine, qui lui sert d'interprète et lui apprend le Lakota, la langue des Sioux. Rebaptisé "Danse avec les loups ", Dunbar, adopté par les membres de la tribu, participe avec eux aux grandes chasses aux bisons et protège les femmes et les enfants lorsque les hommes partent en guerre contre les féroces Pawnees. Mais la garnison, qu'il attendait depuis des mois, vient d'arriver... Ce dernier film renoue avec le genre d'œuvres donnant sa véritable place à l'Indien qui vit en harmonie avec la nature et vivait en paix avant que l'homme blanc ne veuille lui voler ses terres Je n'ai pas cherché, en faisant "Danse avec les loups", à manipuler vos sentiments, à réinventer le passé, ou à régler mes comptes avec l'Histoire. J'ai simplement voulu regarder, de façon romantique, une période épouvantable de l'histoire de mon pays , quand l'expansion à tout prix, au nom du progrès, nous apporta finalement très peu, mais nous coûta beaucoup.

" Kevin Costner and John Dumbar"

 

 

J'ai adoré ce film ! Et vous ?

 

 

 

Interviews

 

Vous avez déclaré : " Danse avec les loups "est ma lettre d'amour au passé. Seriez-vous un cow-boy nostalgique?

 

Tout à fait. Dans mon cœur, je suis un aventurier. J'ai toujours été fasciné par l'image du cavalier sur sa monture, solitaire, autonome et libre. Mais je suis né cent ans trop tard pour vivre la conquête de l'Ouest et trente ans trop tard pour participer à la grande époque des westerns de Hollywood.
Des films comme " La prisonnière du désert", "L'homme qui tua Liberty Valance", "La flèche brisée", "Fort Apache", "La captive aux yeux clairs", "La conquête de l'Ouest", etc.., m'ont profondément marqué et j'ai eu envie de leur rendre hommage....

Vous n'êtes pas très tendre lorsque vous décrivez le monde plus sauvage que "civilisé" de l'homme blanc face à une société indienne très idéalisée...

 

Ce n'est pas vrai. Regardez le film avec attention et vous verrez que tout n'est pas aussi simpliste et manichéen. Les hommes sont avant tout des hommes avec leurs bons et leurs mauvais côtés, qu'ils soient blancs ou indiens. Je ne pense pas que les Indiens soient présentés comme un peuple plus éclairé que le nôtre, simplement, notre réalité n'est pas la même. Nous avons des maisons, des cuisines, des montres...Pour eux, c'est la nature qui doit indiquer comment ils doivent fonctionner.
Il y a une logique dans ce qu'ils font. Par exemple, les Indiens respectent les animaux parce qu'ils en dépendent pour vivre. Ils n'ont pas de réfrigérateur, donc ils ne vont pas tuer trois bêtes s'ils ne peuvent en manger qu'une. Mais ce n'est pas parce qu'ils sont conscients du problème de l'environnement qu'ils épargnent les deux autres bêtes, c'est bien plutôt parce qu'ils n'ont rien pour les transporter et qu'ils savent qu'ils en auront besoin l'hiver prochain. Il ne faut pas trop romantiser leur façon d'être non plus. J'ai fait ce film pour que chacun y trouve quelque chose. Pour certains, c'est une belle aventure; d'autres y trouvent des thèmes plus engagés tels la domination d'un peuple par un autre ou le racisme...

Dans le roman de Michael Blake, les Indiens sont des Comanches. Pourquoi sont-ils devenus des Sioux dans votre film?

 

Parce-qu'on sait peu de choses sur les Comanches, qui ont été exterminés très vite. Il y avait des centaines de tribus- Apaches, Cheyennes, Navajos, Iroquois, Mohicans...-très différentes les unes des autres. Les Sioux sont ceux qui ont résisté le plus longtemps avec des chefs comme Red Cloud, Crazy Horse et Sitting Bull. Leur culture nous est plus  connue et donc plus facile à reconstituer. Nous avons entièrement tourné le film dans le Dakota du Sud, où se trouvait le plus grand troupeau de bisons et de nombreuses réserves de Sioux. Deux cent cinquante d'entre eux ont travaillé comme figurants dans le film....

 

Quelles étaient les scènes les plus difficiles?

 

Les scènes d'action parce qu'il se passait trop de choses. Il fallait que je supervise tout :
les mouvements de foule, les caméras, les acteurs, et que je joue en plus. Je me dis qu'un réalisateur plus expérimenté aurait mieux réussi les batailles et les combats.
J'étais plus à l'aise dans les scènes intimistes et dramatiques.

 

La simplicité de votre travail à la caméra est volontaire?

 

Je ne cède pas encore une technique de virtuose, et je pense que la mise en scène n'est là que pour servir l'histoire le mieux possible. Je préfère filmer simplement plutôt que d'éblouir le spectateur avec  ma caméra. Ce film est avant tout une histoire intime, même s'il y a des moments de grand spectacle. L'important, quand on s'approche des gens et qu'on parle d'émotions et de sentiments, est d'être tout près d'eux avec une caméra fixe. C'est tout.

 

 

Vous êtes avant tout acteur. Comment avez-vous appris la mise en scène?

 

En observant. J'ai compris que l'important est de savoir quels sont les grands moments de votre film, et d'avoir alors une caméra pour les filmer. Dans la mise en scène, ce n'est pas où l'on met la caméra qui compte, c'est comment nourrir  et alimenter sans cesse notre imagination.
Ma maxime pourrait être : Plus, c'est mieux.
J'aime que les personnages d'un film aient le temps de se parler, que l'histoire ait le temps d'évoluer, que les sentiments aient le temps de s'installer. Le cinéma, c'est comme la vie.

 

Christine Haas

 

 

 

 

 

Depuis les premières années du cinéma, les Indiens ont inspiré les cinéastes.

 Mais on ne leur donnait pas forcément le beau rôle. On y découvre des Peaux-Rouges sanguinaires et violents qui s'opposent aux gentils cow-boys blancs.

Le cinéma se veut une leçon d'histoire où les bons Américains triomphent des mauvais Indiens.

 On en fait des sauvages amateurs d'eau-de-feu, tueurs de femmes et enfants, attaquant sans cesse les caravanes des pionniers... Entre 1920 et 1930, Hollywood a tourné 1600 westerns dont 150 consacrés aux "mauvais Indiens" (La revanche des Sioux, La caravane vers l'ouest (1923), Geronimo le peau-rouge, ... Les années 50 voient un véritable tournant dans le traitement des Indiens au cinéma. Avec "La flèche brisée ", Delmer Daves inaugure une autre manière de dépeindre les peuples à la peau rouge.

 Suivront toute une série de westerns tentant de montrer le vrai visage de la conquête de l'Ouest en s'attachant à dépeindre les cultures de la nation indienne, sa volonté de vivre en paix avec l'homme blanc. De nombreux films reviennent sur la tragique histoire du XIXème siècle en insistant sur le génocide et les massacres perpétrés par les colons américains.

 Dans ces films (Les Cheyennes (1964), Le soldat bleu (1970), Little Big Man (1970), Danse avec les loups (1990)...), on retrouve des personnages d'Indiens attachants et même de la pitié pour un peuple vaincu.

 La conquête de l'Ouest a créé une véritable mythologie autour de personnages souvent très controversés. Ainsi, le général Custer, héros ou bourreau des guerres indiennes a donné lieu a toute une série de films exaltant l'un ou l'autre coté de sa personnalité .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les  Lieux  de Tournages

 

Kevin  Costner voulait filmer l'Amérique des années 1860. Il lui fallait donc des contrées sauvages, des prairies s'étendant à perte de vue, entourées de rivières et de montagnes aux cimes enneigées, le tout à une distance raisonnable d'une ville qui soit capable d'héberger une équipe de plus de 200 personnes. Et surtout, il fallait des bisons, plein de bisons. Or, le plus important troupeau de bisons se trouve dans le Dakota du Sud, dans un ranch appartenant à un ancien gouverneur de cet État: Roy Houk . Un troupeau de 3500 bêtes. Personne ne pouvait proposer autant. Impossible de déplacer ce bétail sur des centaines de kilomètres. Donc, si les bisons ne pouvaient  venir aux caméras, les caméras viendraient à eux . Kevin fut bien obligé d'aller tourner au Dakota du Sud et non  en Oklahoma ou au Texas.
C'est donc la région de Rapid City, délimitée par les montagnes Black Hills qui fut choisie."


 

Les  Décors

 

Toujours soucieux de l'authenticité, Kevin exigea de fidèles répliques de villages indiens .
Pas question de transformer tout cela à la sauce hollywoodienne . Une poignée de techniciens triés sur le volet, menée par Jeff Beecroft, partit dans les réserves indiennes afin de rassembler le maximum d'informations.
" Kevin Costner tenait à reconstituer une réalité qui n'avait jamais été montrée de façon authentique sur un écran, remarque Beecroft.
Il voulait recréer l'Ouest sauvage, immaculé et infini, tel que le voit le lieutenant Dunbar quand il arrive à la frontière . Nous avons , donc, divisé le scénario en plusieurs moments émotionnellement forts car dans ces moments-là, son personnage voyait les choses d'un œil différent. Par exemple, pour les scènes qui se déroulent à l'intérieur de Fort Segdewick, qui est totalement isolé , perdu au milieu de nulle part, il voulait rendre une impression de claustrophobie. Alors, dans ce décor immense, nous avons construit une petite bâtisse, si petite qu'il devait vraiment s 'incliner pour pouvoir y entrer. "
 
 

 

Les  Costumes

 

Les costumes représentent 200 modèles différents. 625 peaux de daim furent utilisés à la fabrication des chaussures, des bijoux et des accessoires liés aux costumes traditionnels des Sioux.
La styliste Elsa Zamparelli se fit aider par une femme originaire du Dakota du Sud, spécialisée dans la culture des Indiens du XIXe siècle.
" Les costumes que nous avons créés sont fidèles à la tradition et fabriqués à la manière d'autrefois, avec les mêmes perles, les mêmes peaux de daim qui étaient utilisées il y a 100 ans. Cela nous a donné beaucoup de travail. Tous les acteurs amérindiens portent leurs propres plumes d'aigle, et ce pour une excellente raison: nous n'avons pas le droit d'utiliser ces plumes parce-que les aigles sont en voie de disparition. Cependant, il est légal pour les Amérindiens d'en posséder. Dans bien des cas, elles sont transmises de génération en génération. "

Pour son propre personnage du lieutenant Dunbar, Kevin suggéra de porter durant tout le film son  pantalon et ses bottes militaires afin que cette idée de mélange entre les deux cultures fassent partie intégrante de son personnage.
 

 

Photos du film

 

 

 

 

La  Langue  :  Le  Lakota

 

Un des éléments essentiels du film était le Lakota, la langue des Indiens. Kevin tenait absolument à ce que les Indiens du film parlent le Lakota, sous-titré dans le film et non un américain ridicule.
Kevin contacta Doris Leader Charge, une femme qui enseigne la culture et la langue Lakota au collège Sinte Gleska, petite communauté située dans la réserve Rosebud. Kevin lui expliqua son point de vue et Doris accepta de l'aider dans sa gigantesque tâche.
Arrivée sur le plateau, Doris constata que les Indiens travaillant sur le film provenaient de différentes tribus et que bien peu parlaient la Lakota. C'est pourquoi, durant trois semaines, des cours de Lakota furent organisés pour la totalité des acteurs, à commencer par Kevin lui-même et par Mary Mc Donnell qui n'avaient aucune notion de la langue .
" Cela a permis à tout le monde de se familiariser avec la langue mais aussi de perfectionner son entraînement pour monter à cheval, tirer à l'arc, etc. . Au début, les Indiens n'apprenaient pas bien leurs dialogues, alors je leur ai dit : "Ce film parle de vous. S'il est mauvais, c'est vous qu'il mettra dans l'embarras, bien plus que moi." "
Doris fut aidée par un autre professeur, Albert White Hat. Ce dernier fit également office de conseiller indien sur toute la durée du tournage. Président du Département d'études Lakota au Sinte Gleska College, White Hat connaissait son sujet sur le bout des ongles.
Afin de gagner du temps, Doris traduisit les dialogues prévus par Michael Blake en Lakota puis les simplifia de manière à utiliser le moins de mots possibles. Une fois, ce travail effectué, elle enregistra son texte sur des cassettes qu'elle envoya à chacun des acteurs afin qu'ils puissent s'entraîner chez eux.
En remerciement de cet étonnant et précieux soutien, Kevin Costner offrit le rôle de Joli Bouclier à Doris Leader Charge: " Au début ,  j'avais peur de jouer dans ce film, mais ça s'est avéré une bonne expérience. Le film nous montre tels que nous sommes réellement. Pour une fois, ils ont réussi à ne pas déformer la réalité. "

 

Le loup n'est pas un animal docile. C'est pourquoi on eut l'idée d'utiliser un chien huskies dont la morphologie est sensiblement identique à celle du loup. Mais l'authenticité n'y trouvait plus son compte.
" Ils ont beau avoir l'air de loups, ces chiens ne se déplacent pas comme ces derniers. Les loups ont une façon très particulière de marcher sur leurs longues pattes minces. Leurs bonds sont facilement reconnaissables. "
Chaussettes le loup  du film est incarné par deux loups gris: Buck et Teddy. La raison pour laquelle , il fallait deux loups était que Buck excellait dans les poses immobiles, donnant une impression de profonde réflexion, alors que Teddy n'avait pas son pareil pour marcher et trotter d'un endroit à l'autre.
Il fallut procéder lentement pour ne pas effrayer l'animal. Il fallut aussi recommencer inlassablement certaines scènes car le loup ne répondait pas aux indications. Il a fallu enfin lui apprendre à hurler car habitué à vivre au milieu des hommes, il n'avait jamais poussé un hurlement de sa vie!
Les deux bêtes étant dangereuses et ayant un comportement imprévisible, les scènes étaient tournées par une équipe réduite sur un plateau fermé où il n'y avait aucun enfant. La seule protection de Kevin durant les douze jours de tournage consistait en un fil métallique très fin que les animaux avaient appris à ne pas traverser.
" Il était dangereux, je ne pouvais le toucher que quand son dresseur le tenait bien et qu'il ne me regardait pas. Il m'aurait mordu s'il avait pu. Il adorait particulièrement les enfants qu'il surveillait d'un regard fuyant et fourbe, on le sentait prêt à se glisser dans leur direction.
Mes trois enfants de six, quatre et deux ans ont tourné dans le film et quand ils étaient sur le plateau, il fallait le surveiller avec attention.
Je dois dire que le loup et moi n'étions pas amis du tout. "

 

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